17 février 2020
Entreprises d’exploration minière juniors… quels sont les critères d’investissement? (PARTIE 2)

Entreprises d’exploration minière juniors… quels sont les critères d’investissement? (PARTIE 2) Nous avons récemment fait paraître un article de blogue sur les critères d’investissement à connaître pour les sociétés d’exploration minière juniors. Voici la suite du contenu tiré du Podcast Minier, où l’invité était M. Dany Pelletier, vice-président aux investissements – Capital structurant, Énergie, Environnement et Mines, au Fonds de solidarité FTQ. Cet ingénieur minier joint son expertise dans le secteur minier à ses connaissances du domaine de l’investissement pour les mettre à profit au quotidien dans son travail lié à l’actionnariat.

Un marché en constante évolution

Comment le marché a-t-il changé au cours des 10 ou 15 dernières années? La numérisation, l’économie 4.0 et d’autres progrès technologiques ont transformé bien des domaines, et ce, à un rythme accéléré. Le secteur minier n’y a pas échappé. Nous avons également vu une déstructuration de l’industrie en ce qui a trait aux courtiers, ce qui a eu pour effet de changer grandement le marché des capitaux. De plus, beaucoup de nouveaux attraits sont apparus, comme le marché du cannabis et les technologies de l’information, par exemple. Tout cela fait en sorte que les investissements à risque sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les sociétés d’exploration.

Le marché est de plus en plus diversifié. Pensons notamment aux marchés du cannabis et de la cryptomonnaie, à toutes les nouvelles commodités, à l’explosion technologique (une bonne partie des entreprises de ce secteur sont cotées en bourse), et à la présence de 1 200 sociétés d’exploration juniors. Compte tenu de ce contexte, quel serait le meilleur conseil à donner à une société junior pour se démarquer du lot dans ce nouveau paysage financier?

Le cheval de bataille de l’industrie

Il est certain que les marchés émergents ont diversifié l’offre et les occasions, diminuant possiblement les fonds d’investissement à leur disposition. Il s’agit évidemment d’un défi au quotidien pour les sociétés minières.

Il faut être conscient que tous les articles de notre mode de vie moderne axé sur la technologie, comme nos téléphones cellulaires, nos iPad, etc., contiennent des matières premières. Or, comment les sociétés arriveront-elles à verbaliser cette réalité? Comment pourront-elles faire de cette réalité un avantage?

Comment feront-elles pour tirer parti du fait que notre mode de vie actuel fait appel à toutes ces technologies? Bien des gens ne comprennent pas à quel point les activités minières sont nécessaires pour se procurer les matières premières qui servent à fabriquer ces produits de notre quotidien. Cette information est vitale et peut servir à transformer en bonne partie l’image de l’industrie. C’est là que l’information exacte et efficacement véhiculée devient un outil de taille pour transformer la perception de l’industrie minière.

Les sociétés d’exploration doivent utiliser la technologie pour améliorer leurs processus et leurs opérations, mais aussi pour optimiser leur taux d’efficacité.

Deux choix se présentent à nous :

  1. Dans le contexte actuel, où les investissements diminuent, nous pouvons dépenser ou investir nos dollars de la même façon qu’auparavant, ce qui réduira les découvertes.
  2. Nous pouvons proposer des idées originales et nouvelles, et mettre l’accent sur l’innovation, de manière à faire plus avec les mêmes dollars.

Voilà les deux approches possibles.

Une industrie qui se doit d’être innovante

Quelles sont les façons, pour une société d’exploration, de demeurer à l’avant-garde des nouvelles technologies?

Il faut d’abord et avant tout que les sociétés d’exploration réalisent que nous sommes en transformation sur les plans économique, technologique, social et énergétique.

Cela signifie qu’il ne faut pas manquer le bateau : il est essentiel de joindre activement les démarches pour décarboniser notre économie. Lors de la planification d’un projet, comment fera-t-on pour s’assurer d’intégrer ces principes et ainsi faire en sorte que le projet soit « le meilleur sur la planète » en fonction de cet aspect?

Les sociétés d’exploration doivent se distinguer en mettant l’accent sur la transition numérique et la transition écoénergétique. Ce sont des éléments distinctifs qui amèneront les investisseurs à écouter les dirigeants d’entreprise plutôt que ceux qui procéderont « à la bonne franquette », sans tenir compte des nouvelles pratiques et tendances, en faisant fi des nouveaux impératifs sociaux et commerciaux.

Une nouvelle génération d’investisseurs…

Pour la nouvelle génération d’investisseurs, le mot d’ordre est « rapidité ». Cette génération vit d’une autre manière, elle se soucie du moment présent, de l’immédiat. Tout est plus rapide, c’est l’ère de la spontanéité, de l’« ici et maintenant ».

D’une part, l’investisseur est attiré par tout ce qui peut amener des gains rapides. Cela représente un défi pour l’industrie, parce que dans le secteur minier, les activités prennent du temps. Il faut du temps pour découvrir un gisement et le développer. En somme, c’est là que réside le défi.

D’autre part, l’industrie est perçue comme étant polluante et destructrice de la nature. Il faut donc faire comprendre à l’investisseur que l’on développe des projets de manière responsable envers les communautés et l’environnement, et que l’on optimise cette ressource afin qu’elle soit utile au quotidien.

… et d’employés

On imagine que même au sein du Fonds de solidarité FTQ, on trouve des investisseurs jeunes et que des changements sont à apporter à l’intérieur de l’organisation pour attirer cette nouvelle génération. En effet, compte tenu du manque de main-d’œuvre généralisé, il faut parvenir à attirer cette main-d’œuvre vers nos rangs. La question n’est pas simple, il faut arriver à se démarquer.

On doit tenir compte de facteurs comme la conciliation travail-famille qui est très importante aux yeux de la nouvelle génération. Également, certaines valeurs sont profondément ancrées chez les membres de cette génération, et ils sont beaucoup plus intransigeants quant au respect de celles-ci que ne l’était la génération précédente. À titre d’exemple, M. Pelletier nous explique qu’il pilote un comité de développement durable. La transition énergétique importe beaucoup aux jeunes. Ceux-ci n’hésitent pas à descendre dans la rue pour manifester. Il est donc vital d’aborder la question, car ils sentent que c’est leur avenir, et celui de leurs enfants, qui est en jeu.

Une industrie minière qui ne prend pas conscience de tout cela est perdue.

Le discours du passé, axé sur l’extraction et la création d’emplois, ne tient plus la route. Cette époque est révolue et il est temps de passer à autre chose.

Être des pionniers du changement

Il faut expliquer à la nouvelle génération que les panneaux solaires, les éoliennes et les véhicules électriques nécessitent du graphite, du lithium, du nickel… Il faut dire : « Vous savez quoi? Si vous voulez ces matières premières, vous voulez qu’elles soient extraites au Québec, de la bonne façon, de façon responsable. »

Souhaitons qu’un jour la traçabilité de ces matières premières devienne réalité, pour connaître leur origine. Cela nous permettrait de nous distinguer, puisque ces matières auront probablement été produites à zéro émission grâce à l’électricité, parce que nous aurons électrifié nos opérations.

C’est ainsi que nous nous distinguerons de la Chine, par exemple, qui est omniprésente dans l’extraction de ces métaux. La vision de cette industrie est là, et la façon d’attirer les jeunes est aussi là.

En l’occurrence, M. Pelletier affirme avoir attiré un candidat en développement durable sur cette base, grâce au plan de transition énergétique. On a dit au candidat « On veut changer la donne en matière de transition énergétique », ce à quoi il a répondu « Wow, ça, c’est un beau plan de match, j’embarque! » Tout cela est fort intéressant et porteur pour l’avenir.

Quel serait un conseil pertinent pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui aimerait investir dans l’industrie minière? Que doit-on prendre en considération?

Il faut prendre en considération la composition de l’équipe de direction et savoir si les investisseurs institutionnels du Canada sont dans l’actionnariat. Sans être un gage de réussite, il faut toujours se dire que si les investisseurs institutionnels du Québec sont dans le dossier, ils ont déjà fait une bonne partie du travail, le processus étant long et complexe.

Comme dans tout investissement, il faut diversifier son portefeuille, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, y aller prudemment!

Grâce à ces précieuses informations, nous sommes mieux outillés pour prendre le prochain tournant vers l’avenir de l’exploration minière. Il nous appartient d’adapter nos pratiques et de saisir ces nouvelles occasions dans un souci de développement durable, pour assurer une économie responsable tant dans le présent que pour les générations futures!

Sources :

Comment-avoir-une-visibilité-maximale-dans-la-nouvelle-réalité
infolettres en temps de crise
Comment-se préparer-avant une-foire commerciale
PDAC 2019
stratégie de contenu
Travailler-dans-les-mines,-c’est-aussi-pour-les-femmes
Comprendre la loi sur les mines du Québec
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